Écrire pour la Terre (et pour soi-même)!
Jan 21, 2026
Pendant le mois du bien-être mental, on se rappelle que prendre soin de la planète et prendre soin de soi vont souvent de pair. De nombreux jeunes composent avec l’éco-anxiété, l’inquiétude, la tristesse ou le stress, des sentiments qui découlent tous du fait d’être témoin de changements environnementaux. Ces sentiments sont bien réels et méritent qu’on leur accorde de l’espace.
La rédaction et la poésie peuvent offrir cet espace. La création littéraire nous aide à ralentir, à réfléchir et à renouer avec la nature et les uns avec les autres. Elle nous permet de gérer les émotions difficiles tout en notant l’espoir et la résilience qui existent toujours tout autour de nous. Lorsque nous prêtons attention à la nature, nous commençons à comprendre que le rétablissement (à la fois des écosystèmes et des personnes) demande temps, patience et efforts.
Le poème qui suit, Renouveau, explore ce lien et montre comment le milieu naturel et l’être humain peuvent se rétablir, s’adapter et devenir plus forts après des défis.
Renouveau
On nous a dit de ne pas insister.
Qu’il valait mieux repartir à zéro, ailleurs.
Que la nature ne se relève pas si facilement.
Et nous avons cru qu’ils avaient raison,
jusqu’à ce que la rivière bouge,
et que les arbres reviennent,
et qu’on voit ce qui se passe
quand on arrête de se mettre en travers du chemin,
de la Terre
et de nous-même.
La rivière?
Elle se souvenait comment couler
dès qu’on l’a laissée faire.
On a abattu quelques murs,
et l’eau s’est remise à couler comme avant.
Les poissons sont revenus.
Silencieusement.
Comme s’ils attendaient simplement
qu’on essaie.
Et comme la rivière
nos esprits se remettent en mouvement.
L’espoir et la guérison trouvent leur chemin
quand on cesse de les tenir derrière des barrages.
La forêt aussi
a brûlé par endroits,
mais sous les cendres,
quelque chose tenait bon.
Pas pour nous.
Mais simplement parce que
la vie ne renonce pas si facilement.
Même le sol sait comment guérir.
Laissons-lui du temps.
Laissons-lui de l’espace.
Rien ne pousse sur commande,
mais je te promets qu’il guérit.
Et nous pouvons nous accorder cette même patience.
On croit souvent
que restaurer veut dire
tout remettre exactement comme avant.
Mais peut-être
que ça veut dire apprendre à vivre
avec les fissures.
À faire pousser quelque chose
grâce à elles.
Rien de cela n’est attrayant.
C’est lent.
C’est planter des arbres
dont on ne profitera jamais de l’ombre.
Arracher des mauvaises herbes
qui reviennent quand même.
Vérifier les niveaux du ruisseau
même quand personne ne regarde.
C’est être présent.
Même quand rien ne semble changer…
Pas encore.
Et puis,
les grenouilles reviennent.
Les racines tiennent.
Les oiseaux s’arrêtent, juste assez longtemps,
pour nous rappeler :
Que l’effort en vaut la peine.
Pour la rivière,
pour la forêt,
et pour nous aussi.
Cela n’a jamais été question de revenir en arrière.
C’est choisir de rester et de regarder en avant avec confiance.
Choisir de guérir ce que l’on peut.
Parce que rien ne doit être parfait ou entièrement disparu pour mériter d’être sauvé.

Lorsque nous nous soucions de l’environnement, nous mettons en pratique bon nombre des compétences qui favorisent notre bien-être mental : la patience, l’empathie et le courage de continuer à être présent même lorsque les résultats ne sont pas immédiats.
Lorsque les élèves apprennent à reconnaître la résilience dans le monde naturel, ils commencent souvent à la remarquer aussi en eux-mêmes. Ce poème peut servir comme point de départ pou des conversations sur l’éco-anxiété, les espoirs à l’égard du climat et les petites mesures que les élèves peuvent prendre pour se sentir outillés plutôt que dépassés.
La création littéraire est une façon concrète de contribuer à ce processus. Elle offre aux élèves un espace sécuritaire pour explorer l’éco-anxiété, exprimer de l’espoir et réfléchir aux liens qu’ils voient entre eux et la nature.
Pour poursuivre ce travail dans votre classe, demandez un programme Perspectives climatiques : une série d’activités conçues pour aider les élèves à renforcer leur résilience émotionnelle, à bâtir une pensée climatique constructive et à se voir comme un acteur indispensable d’un changement positif.
Autrice : Léane Journault, coordonnatrice (francophone), Projet Gaia
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