Les forêts comestibles : une nouvelle tendance dans les écoles du Nouveau-Brunswick

Août 2, 2021

La forêt comestible est une nouvelle tendance dans le domaine de l’action environnementale au niveau des écoles. Il s’agit d’une zone extérieure réservée de l’école où se trouvent de nombreux différents types de plantes comestibles qui ensemble forment leur propre écosystème. Un certain nombre d’écoles du Nouveau-Brunswick s’efforcent de réduire leur incidence en matière de changements climatiques et d’obtenir la certification ÉcoÉcole. Pour certaines d’entre elles, une partie de ce cheminement comprend les forêts comestibles, une tendance qui profite à la fois aux écoles et aux collectivités locales.

Adam Birchweaver est un agent de prestation de programmes pour le Projet Gaia ainsi qu’un spécialiste de la permaculture et des petites fermes biologiques. Il se concentre sur la planification et l’aide aux écoles du Nouveau-Brunswick pour la mise sur pied de forêts comestibles dans le cadre du programme Viabilité en action de Gaia.

« C’est l’une de mes missions dans la vie. Comment s’y prend-on pour avoir la plus grande incidence positive possible sur la prochaine génération? Tout le monde mange de la nourriture, et cette dernière entraîne des effets énormes sur notre planète en matière d’empreinte humaine. Nous avons de très bons liens avec les écoles, ce qui à mon avis est l’un des grands avantages du Projet Gaia, affirme Adam. En misant sur ces liens, nous pouvons sensibiliser davantage les gens à la provenance de notre nourriture et à la répercussion de cette dernière sur la santé de la collectivité, et [nous] pouvons mettre sur pied une économie [alimentaire] locale et [offrir] une option de carrière. »

Adam a commencé cette mission à Calgary à titre d’agriculteur urbain avant de s’installer au Nouveau-Brunswick, où il a travaillé avec The Ville Cooperative, un centre communautaire de Marysville, dans le cadre d’une initiative visant à planter des jardins scolaires avec les élèves au printemps, à récolter et à entretenir ces jardins pendant les mois d’été, et à assurer un surplus pour les écoles quand les élèves reviennent l’année suivante.

« Ils ont l’occasion de voir le début et le résultat final, ce qui a une incidence énorme sur tout enfant, mentionne Adam. Il ne s’agit pas de rendre un enfant accro au jardinage en l’obligeant à ramasser les mauvaises herbes, comme le faisait ma mère quand j’étais enfant, mais plutôt de lui faire voir les parties les plus excitantes du jardin au départ. »

Ces projets ont fini par englober plusieurs écoles, chaque projet étant adapté aux besoins de chaque classe et de chaque école, dont la mise sur pied d’un système de culture hydroponique à l’Oromocto High School, où les aliments sont cultivés sans terre dans ce qui est essentiellement de l’eau d’excréments de poisson, réduisant ainsi le besoin d’avoir recours à la terre.

Depuis, Adam a uni ses forces à celles du Projet Gaia, surtout dans le but d’aider les écoles à planter des systèmes alimentaires pérennes remplis de buissons, d’arbustes, d’arbres et autres qui ne nécessitent pas beaucoup de travail. Les élèves pourront s’attendre à voir des fraises, des bleuets et des arbres fruitiers qui reviennent année après année, prêts à la récolte. La hausse du nombre d’espèces végétales contribue à réduire la pression exercée par les parasites, et si une culture échoue, il est possible de compter sur la récolte d’une autre.

« Pour qu’une forêt comestible donne de bons résultats, on doit intégrer les espèces comestibles dans la même zone, dit Adam. Quelques années après avoir planté la forêt comestible, les élèves peuvent obtenir de la nourriture! Beaucoup d’élèves vont à l’école le ventre vide, donc s’ils peuvent avoir accès à de la nourriture gratuite; ils peuvent obtenir les nutriments dont leur corps a besoin et être de meilleurs apprenants. »

L’ajout d’une forêt comestible offre également un aspect d’apprentissage par l’expérience. Les élèves peuvent s’attendre à acquérir des connaissances approfondies et à développer des compétences qui les inciteront à faire des choix plus sains pour eux-mêmes et pour leur environnement. Ils sont en mesure de mieux comprendre l’origine et la culture de leur nourriture, ainsi que le temps et les efforts nécessaires à ce processus. Les élèves participent à la récolte, à l’élagage et à l’entretien de ces espèces. La connaissance directe qu’ils acquièrent leur permet de mieux respecter leur environnement et les aliments qu’ils consomment.

« Quand j’ai fait du bénévolat dans une ferme, c’est comme si une porte s’était ouverte dans ma tête et j’ai été épaté. Je savais que c’était la direction que je voulais prendre. C’est cette porte que je veux ouvrir pour les élèves de la province », ajoute Adam.

Les avantages vont au-delà de l’école. Adam affirme qu’une fois les systèmes établis, un plus grand nombre de personnes en bénéficieront. En effet, les récoltes supplémentaires peuvent être données ou vendues dans les marchés de producteurs locaux et les fonds peuvent être investis dans les initiatives de l’école. Les forêts comestibles suscitent également des discussions au sein de la collectivité sur la façon dont nous prenons soin de notre terre et soulèvent des questions sur la monoculture à grande échelle et la monoculture agricole.

« Quand les élèves voient qu’il n’est pas nécessaire d’utiliser des pulvérisateurs synthétiques pour obtenir une récolte décente, je pense qu’ils se rendent compte qu’il existe d’autres façons de cultiver des aliments qui sont bons pour l’environnement et qui ne détruisent pas ce dernier, explique Adam. De plus, quand nous incluons les perspectives autochtones dans tout cela, nous pouvons continuer à développer notre compréhension des cultures autochtones étonnantes. Les peuples autochtones sont les spécialistes de la durabilité et nous ne pouvons qu’apprendre à ce sujet. En fait, nous avons beaucoup à apprendre des Autochtones en ce qui concerne la culture des aliments et nos liens avec la terre. »

Le lancement d’une telle initiative ne coûte pas grand-chose : il suffit d’avoir une bonne parcelle de terrain suffisamment ensoleillée, des arbres fruitiers, des semis et un peu de dévouement. L’équipe du Projet Gaia s’est également engagée à aider les écoles à planifier ces jardins, à demander des fonds et à soumettre des demandes de subvention, allant ainsi au-delà du domaine de l’éducation. Dans certains cas, après consultation, l’équipe a été en mesure de découvrir et de commencer à rétablir des systèmes alimentaires qui étaient autrefois florissants, mais oubliés.

« Pensez à Forest Hills [à Saint John], par exemple. Toute la colline de l’amphithéâtre entourant l’école est couverte de pommiers sauvages; il suffit donc de tailler ces arbres, d’ajouter quelques framboises et des artichauts… et voilà, une forêt comestible prend naissance! Beaucoup d’écoles ont cet espace. Il s’agit juste de trouver les moyens de l’utiliser correctement », affirme Adam.

À l’Oromocto High School, les projets ont continué à évoluer. Ce qui était autrefois une parcelle d’herbe abandonnée et inutilisée qui aurait pu être couverte d’insecticides et tondue à outrance – sans que les pollinisateurs n’en profitent – est maintenant transformée en un terrain florissant et productif qui capturera le carbone et fera pousser des aliments, tout en étant un laboratoire agricole vivant.

« Il s’agissait de transformer un terrain qui était essentiellement un désert en un espace productif et un écosystème florissant », conclut Adam.

Si vous souhaitez mettre sur pied une forêt comestible, ou même en savoir davantage sur la façon d’y parvenir et sur les effets incroyables qu’elle peut avoir sur votre école et votre collectivité, contactez le Projet Gaia. Nous pouvons vous mener sur la bonne voie grâce à des consultations, vous guider vers l’obtention de fonds pour faire avancer les projets et planifier la prochaine action climatique de votre école!

Auteure : Ashley Anthony, Gestionnaire des communications, Le Projet Gaia

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  • J'ai travaillé pendant plus de 35 ans sur la thématique des changements climatiques. Je crois que le Projet Gaia a une pièce du casse-tête qui nous aidera à résoudre ce problème!

    George Dashner

    Ancien président du conseil d'administration

  • L'éducation est une composante clé de nos priorités en matière de commandite et ce programme (Sur la trace des ordures) était un jumelage parfait.

    Kate Shannon

    Communications et relations communautaires chez Canaport LNG

  • Je suis très honorée d'être membre du conseil d'administration de Gaia. C'est une occasion pour moi de redonner à une organisation qui nous a donné tant de belles expériences à moi et mes élèves. Ils ont réellement eu une influence marquée sur moi en tant qu'éducatrice.

    Carolyn Barnhart

    Chef du département de sciences à l'école Fredericton High School et membre du conseil d'administration du Projet Gaia

  • Les changements climatiques constituent un sujet très complexe pour la plupart d'entre-nous, mais le Projet Gaia sait rendre la thématique aux élèves de façon efficace. Lorsque les élèves se sentent outillés pour agir contre le phénomène, des progrès incroyables peuvent voir le jour!

    Tanya Legacy

    Enseignante à l'école Moncton High School