Déclaration à propos de Kamloops

Juin 14, 2021

Le 27 mai dernier, la nouvelle du pensionnat autochtone de Kamloops a ébranlé l’ensemble du peuple autochtone au Canada. Les restes de 215 enfants forcés à fréquenter le pensionnat ont été trouvés sur le site de l’ancien établissement, situé sur le territoire traditionnel de la Première Nation Tk’emlups te Secwepemc. N’eût été l’horreur du colonialisme, ces enfants seraient devenus des aînés et des dirigeants communautaires, des tantes et des mères, des oncles et des pères. Ils seraient restés en vie.

À l’heure actuelle, les collectivités autochtones du pays sont en processus de guérison, et elles demandent justice pour tous leurs enfants, que ce soit ceux du passé, ou encore ceux du présent et de l’avenir. Pendant que le processus suit son cours, il est essentiel que les colonisateurs et les membres des collectivités non autochtones s’unissent pour soutenir les enfants et les collectivités autochtones. Pour assurer un soutien durable, significatif et respectueux, il faut passer par l’éducation. La découverte des 215 dépouilles amplifie la tristesse, la douleur et le tort infligés aux peuples autochtones et, pour de nombreuses personnes, ravive des traumatismes préexistants. Voilà pourquoi il ne peut incomber qu’aux Autochtones d’informer les gens. L’éducation à ce sujet doit s’inscrire dans une démarche de collaboration et de respect. Tous les Autochtones pourraient se prononcer sur cette douleur, mais ce serait injuste de leur demander d’éduquer la population alors qu’ils sont toujours en deuil. Il est plus respectueux de se tourner vers des ressources autochtones, d’être attentif aux témoignages qui sont déjà publics, de reconnaître qu’on est un colonisateur et une personne aussi visée par les traités et d’accepter une responsabilité dans l’avenir de l’histoire et des familles autochtones.

Les personnes autochtones ont besoin de soutien pendant leur deuil et ont besoin d’alliés pour poursuivre les efforts de protection, de défense et d’acceptation. Cette nouvelle découverte fait désormais partie de l’histoire vivante des traumatismes avec lesquels vivent les Autochtones au quotidien. Il peut être facile pour certains de porter un vêtement orange ou d’aller déposer un animal en peluche ou des chaussures à un site commémoratif, mais n’oublions pas que la découverte des restes de 215 enfants dans une fosse commune sans inscription exige beaucoup plus que des actions d’une seule journée. Cet événement nous appelle tous et toutes à faire preuve d’audace et de force dans la représentation et la défense des questions autochtones, et devrait en principe entraîner un sentiment de deuil et un besoin de responsabilisation à l’échelle du pays.

Nous devons promettre aux générations futures que nous les protégerons; aux générations actuelles, que nous les épaulerons dans leur quête de justice; et aux générations passées, que nous les pleurerons, leur serons reconnaissants et ferons de notre mieux pour les honorer, ainsi que leur mémoire, à l’avenir. Cette découverte impose la justice et les mesures d’action. Pour ce faire, nous devons tenir les gouvernements, les coupables et les établissements responsables du tort qu’ils ont causé, et respecter et écouter les collectivités autochtones dans notre quête d’équilibre et d’égalité pour tous nos enfants.

Au moment où l’on apprend que les restes d’autres enfants autochtones ont été retrouvés sur les lieux des pensionnats, les considérations, l’éducation et le deuil évoqués dans notre déclaration à propos du pensionnat de Kamloops prennent toute leur ampleur. À chaque nouvelle découverte, n’oublions pas la détermination que nous avions quand les restes de 215 enfants ont été trouvés. 

Des ressources demeurent accessibles pour les personnes cherchant à s’éduquer à propos de la décolonisation. La Fondation Sierra Club Canada organise un club de lecture en anglais sur la décolonisation et offre toutes ses ressources gratuitement (https://www.sierraclub.ca/fr/atlantic/decolonizing-book-club?fbclid=IwAR2q7gTcUYJxQyaHjixgKAryxgKD5frgeWZiHGl5g1BquTCVPI_bT966IGc). Le site Web de la Journée du chandail orange (en anglais) propose des ressources pédagogiques pour les enseignants qui souhaitent amorcer cette discussion à leur école, ainsi que des ressources pour les personnes qui souhaitent en apprendre davantage sur l’histoire autochtone (https://canada-info.ca/pensionnats-autochtones-une-journee-du-chandail-orange-au-csap-pour-se-rappeler/). Le site Web Indigenous Foundations de l’Université de la Colombie-Britannique propose un document en anglais qui peut aider à mieux comprendre l’histoire des pensionnats autochtones (https://indigenousfoundations.arts.ubc.ca/the_residential_school_system/) et la SRC a diffusé, en 2016, une brève vidéo de ces pensionnats (https://ici.radio-canada.ca/info/videos/media-7619939/histoire-meconnue-pensionnats-autochtones). Enfin, le Canadian Geographic propose un atlas interactif de l’histoire de ces établissements (https://atlasdespeuplesautochtonesducanada.ca/article/l%e2%80%8ahistoire-des-pensionnats-indiens-du-canada/).

Les personnes ayant besoin de soutien pendant cette période difficile peuvent appeler l’Indian Residential School Survivors Society (IRSSS) en composant le 1-800-721-0066 (sans frais) ou le 1-866-925-4419 (ligne d’écoute téléphonique). Il est aussi possible d’accéder aux services de sensibilisation et de soutien sur le site Web (en anglais) : https://www.irsss.ca/#:~:text=The%20Indian%20Residential%20School%20Survivors,further%20emotional %20support%20or%20assistance.

Woliwon (merci)

Pour consultation future :

https://www.facebook.com/107962621468690/posts/117991980465754/?d=n

Auteure : Violet Eliza-Sioux, Indigenous Programming Coordinator (étudiante stagiaire), Projet Gaia

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