L’incidence des changements climatiques sur l’enseignement au sujet du Nouveau-Brunswick

Avr 25, 2019

Par Zachary Bourque

Comme le savent les enseignants au Nouveau-Brunswick, certaines parties du programme d’études M-12 traitent de sujets associés à la géographie, à la culture et au climat de notre province. Les changements climatiques auront une incidence sur ces thématiques et sur la façon dont il faut les enseigner aux élèves. Parmi ces changements, mentionnons l’augmentation de la température moyenne de la planète, l’élévation du niveau de la mer à l’échelle mondiale (ce qui aggravera l’érosion côtière et augmentera la fréquence des ondes de tempête) et une évolution de la présence des plantes et des animaux dans le monde (GNB, 2017). Au Nouveau-Brunswick, les impacts comprendront entre autres :

  • une augmentation des températures;
  • une prolongation des saisons sans glace ni gel;
  • une diminution des chutes de neige;
  • une prolongation des périodes sèches entre les chutes de pluie;
  • une augmentation de la fréquence des feux de forêt (GNB, 2017).

Bien que le problème des changements climatiques soit d’envergure mondiale, il est important de comprendre les effets de ces changements sur notre environnement local, c’est-à-dire notre province, surtout lorsqu’on l’enseigne aux élèves. Il importe aussi de noter que l’utilisation de tactiques de peur ou l’insistance sur les dures réalités d’un avenir insoutenable n’inspirent pas l’action ou le changement de comportement : en fait, ces méthodes peuvent parfois engendrer l’écoanxiété. Il faut toujours conclure les cours sur une note positive en proposant des gestes à poser pour que le Nouveau-Brunswick puisse continuer d’être une belle province durable. Dans les paragraphes qui suivent, nous présentons divers exemples de transformations qui se produisent ou devraient se produire au Nouveau-Brunswick à la suite des changements climatiques.

Notre arbre provincial

L’arbre provincial du Nouveau- Brunswick est le sapin baumier (Abies balsamea). Vous le connaissez peut-être, car on le trouve souvent dans nos maisons à Noël. Si les températures continuent de grimper, cet arbre, comme d’autres espèces de conifères, disparaîtra probablement au Nouveau-Brunswick. Si par exemple les émissions de gaz à effet de serre sont limitées d’ici 2040, la température au Nouveau-Brunswick pourrait grimper de 1,6 °C; si les émissions ne sont pas limitées, elle pourrait monter de 4 °C (CBC, 2016). Dans un cas comme dans l’autre, les espèces d’arbres qui aiment le froid, comme le sapin baumier et l’épinette noire (Picea mariana), pourraient disparaître des régions sud de la province. Les espèces qui aiment la chaleur, comme l’épinette rouge (Picea rubens) et le chêne rouge (Quercus rubra), pourraient remplacer notre arbre de Noël préféré dans ces régions (CBC, 2013).

Notre oiseau provincial

Tout comme le sapin baumier, notre oiseau provincial, la mésange à tête noire (Poecile atricapillus), migrera probablement vers le nord au fur et à mesure que les températures augmentent au Nouveau-Brunswick. À sa place, on trouvera la mésange de Caroline (Poecile carolinensis). La mésange à tête noire peut persister au Nouveau-Brunswick malgré des températures plus élevées, mais sa migration vers le nord est attribuable à l’agrandissement du territoire de la mésange de Caroline, causé par l’augmentation des températures. Les deux espèces se font concurrence pour les mêmes sources de nourriture et la mésange de Caroline arrive souvent à dominer notre oiseau indigène (McQuillan et Rice, 2015). Il est peu probable que le Nouveau-Brunswick perde complètement sa mésange à tête noire, mais on la retrouvera seulement dans les régions nordiques de la province (Hewett, 2017).

Notre industrie touristique

Près de 60 % de la population du Nouveau-Brunswick habite à moins de 50 km du littoral. De plus, bon nombre de nos grandes attractions touristiques se trouvent sur nos côtes. Malheureusement, ce sont ces côtes qui sont le plus touchées par l’érosion, qui elle est aggravée par l’élévation du niveau de la mer et les tempêtes extrêmes. Les infrastructures comme les routes, les quais et les sites touristiques naturels sont toutes menacées par l’érosion. Les expériences côtières représentent environ 70 % du secteur touristique néo-brunswickois, secteur qui souffrira de ces répercussions (MEGL, 2002). Les attractions touristiques comme les Rochers Hopewell, la plage Parlee et le parc national de Fundy sont toutes assujetties à l’érosion côtière. Heureusement par contre, des zones tampons naturelles, comme les dunes et les marais salés, sont en place pour nous aider à faire face aux événements pluviohydrologiques graves et à l’érosion côtière (GNB, 2017).

Notre paysage

Les changements climatiques, comme la fréquence et l’intensité des précipitations, pourraient faire en sorte que certaines régions du Nouveau-Brunswick ne seraient plus propices à la plupart des types d’aménagement. Par exemple, il pourrait être impossible d’aménager les pentes abruptes parce que les pluies intenses les rendraient plus susceptibles à l’érosion. La probabilité de pénuries d’eau en été haussera sans doute, ce qui augmentera la nécessité d’irriguer les terres dans la zone de production de pommes de terre et d’autres régions de la province; cette irrigation créera d’autres problèmes en raison des propriétés chimiques de l’eau locale. Le prolongement de la saison sans gel et l’augmentation des températures pourraient permettre la mise en terre de nouvelles cultures ou prolonger la saison de croissance des cultures existantes. Ces changements s’appliquent aussi à nos peuplements naturels, c’est-à-dire à nos arbres, mais ils ouvriraient également la voie aux maladies et aux insectes nuisibles (GNB 2017). Heureusement, les responsables des industries agricoles et forestières sont déjà conscients des éventuelles répercussions des changements climatiques et prennent des mesures pour essayer de les limiter (GNB, 2017). Les municipalités côtières de la province sont elles aussi proactives : si ce n’est pas déjà fait, elles préparent un plan d’adaptation aux changements climatiques (Bourque et al., 2018).

Notre santé

Les changements climatiques auront même une incidence directe sur notre santé. Les températures à la hausse pourraient faire augmenter le stress thermique chez les populations vulnérables; notre nourriture et notre eau courront des risques accrus de contamination bactériologique; et les maladies et allergies à transmission vectorielle seront plus fréquentes (GNB, 2017). Comme mentionné, toutes les municipalités de la province, qui sont classées comme étant très vulnérables aux changements climatiques, auront terminé leur plan d’adaptation aux changements climatiques d’ici quelques années. Ces plans comprennent diverses stratégies pour limiter l’incidence des changements climatiques sur la santé humaine, dont un inventaire des personnes ayant besoin d’oxygène d’appoint, l’établissement de centres de mesures d’urgence équipés de cuisines et de générateurs, des mécanismes de soutien pour les personnes ayant des problèmes de mobilité, et bien plus encore (Bourque et al., 2018).

Les changements climatiques auront une incidence sur tous les aspects de notre vie. Il n’est pas trop tard pour mettre en place des plans pour préserver nos régions côtières, nos forêts, nos bassins hydrographiques et notre biodiversité. Pour aborder le sujet des changements climatiques avec vos élèves, inspirez-vous des ressources offertes sur le site Web du Projet Gaia. Cliquez ici pour essayer une de nos ressources conçues pour outiller vos élèves pour agir sur les changements climatiques!

À propos de l’auteur

Zachary Bourque fait partie de l’équipe du Projet Gaia à titre d’agent des programmes éducatifs depuis 2019. Il est titulaire d’un baccalauréat en science de l’environnement et en gestion des ressources naturelles et d’une maîtrise en gestion de l’environnement de l’Université du Nouveau-Brunswick.

Cliquez ici pour en savoir plus sur Zachary.

Références

Bourque, Z., K. Reeder, E. Ryan et K. Schwarz (2018). Assessment of indicators: Measuring climate change adaptation progress, capacity and resilience of New Brunswick’s ‘Highest Risk Municipalities’. ENVS6007: Practicum in Water, Wildlife, and Forest Management.

CBC News (2016). « Climate change may ‘eradicate’ some softwoods in N.B., says professor ». Repéré à https://www.cbc.ca/news/canada/new-brunswick/climate-change-new-brunswick-forests-1.3769488

CBC News (2013). « Forestry sector may lose native trees to climate change ». Repéré à https://www.cbc.ca/news/canada/new-brunswick/forestry-sector-may-lose-native-trees-to-climate-change-1.1382186

Gouvernement du Nouveau-Brunswick, Canada (2017). Quels effets les changements climatiques ont-ils sur le N.-B.? Repéré à https://www2.gnb.ca/content/gnb/fr/ministeres/egl/environnement/content/changements_climatiques/content/effete_les_changements_climatiques.html

Gouvernement du Nouveau-Brunswick, Canada (2017). Résumé des effets prévus des changements climatiques au Nouveau-Brunswick. Repéré à https://www2.gnb.ca/content/dam/gnb/Departments/env/pdf/Climate-Climatiques/Resumedeseffetsx2.pdf

Gouvernement du Nouveau-Brunswick, Canada (2017). Érosion côtière. Repéré à https://www2.gnb.ca/content/gnb/fr/ministeres/egl/environnement/content/changements_climatiques/content/indicateurs_des_changements_climatiques/indicators/eau/erosion_cotiere.html

Hewett, F. (2017). Is climate change the swan song of the black-capped chickadee? Repéré à https://www.wbur.org/cognoscenti/2017/09/20/is-climate-change-the-swan-song-of-the-black-capped-chickadee

McQuillan, M. A., et A.M. Rice (2015). « Differential effects of climate and species interactions on range limits at a hybrid zone: Potential direct and indirect impacts of climate change », Ecology and Evolution, vol. 5, no 21, p. 5120-5137.

Ministère de l’Environnement et des Gouvernements locaux du Nouveau-Brunswick (2002). Politique de protection des zones côtières pour le Nouveau-Brunswick. Repéré à https://www2.gnb.ca/content/dam/gnb/Departments/env/pdf/Water-Eau/PolitiqueProtectionZonesCotieres.pdf