Qu’est-ce que le racisme environnemental? Un aperçu de la région du Canada atlantique et de comment vous pouvez aider

Juin 29, 2020

Quand George Floyd a dit qu’il ne pouvait pas respirer, ses paroles ont trouvé écho chez des activistes partout au monde. S’il est vrai que la phrase est directement associée à la brutalité policière, il existe de nombreuses autres formes de racisme systémique, y compris l’injustice environnementale. Et pourtant, les environnementalistes restent trop souvent muets devant cette forme de discrimination, même si les communautés noires et à faible revenu sont plus susceptibles d’être exposées à des quantités meurtrières de pollution et de déchets toxiques.

Qu’est-ce que l’injustice environnementale? 

Cette expression décrit le phénomène selon lequel les personnes de couleur et les communautés pauvres ont subi un préjudice disproportionné à cause de la pollution et des systèmes discriminatoires qui perpétuent ces iniquités.  

Et le phénomène n’est pas nouveau. Depuis 1983, nous savons que la couleur de la peau est l’indicateur le plus sûr pour prédire si une personne habite près d’un dépôt de déchets dangereux. 

Depuis le meurtre de George Floyd, une prise de conscience sociale mondiale a entraîné des manifestations dans des villes partout au monde. Le mouvement Black Lives Matter s’est enflammé et les citoyens réclament des changements sérieux pour lutter contre le racisme systématique. L’injustice ou le racisme environnemental est l’une des nombreuses façons dont le « système » a continuellement manqué à son devoir de protéger les personnes de couleur.

Et le phénomène n’est pas strictement américain. Ici même au Canada atlantique, nous en avons des exemples flagrants.

Africville, à Halifax, en Nouvelle-Écosse

Fondée au début des années 1800, Africville était une petite communauté occupée par des loyalistes de race noire et d’anciens esclaves venus des États-Unis. Pendant toute son existence, Africville a été disproportionnellement victime de problèmes de pollution et la Ville lui a refusé des services essentiels dans ses moments difficiles. Halifax a utilisé Africville comme site d’enfouissement, la remplissant de déchets toxiques et médicaux, faisant même déboucher les tuyaux d’égout de l’hôpital dans sa source d’alimentation en eau. En 1960, en vertu de la loi sur la suppression des bidonvilles, les résidents d’Africville ont été déplacés. Malgré la forte résistance de la communauté, Africville fut démolie. Le lieu abrite aujourd’hui un musée qui est devenu un symbole important du racisme environnemental au Canada.

Première Nation d’Eel Ground, au Nouveau-Brunswick

L’égalité d’accès à l’eau propre est un problème dans toutes les provinces. Si la plupart des Canadiens jouissent d’une eau potable saine, de nombreuses communautés autochtones sont aux prises avec des avis concernant l’eau potable depuis des décennies.

La Première Nation d’Eel Ground, qui a fait l’objet d’un ordre de faire bouillir l’eau pendant longtemps, a dû attendre jusqu’en 2018 avant d’obtenir des fonds pour l’élaboration d’un plan d’infrastructure d’eaux potable et usée. L’inaction nuit à la santé et à la qualité de vie des communautés autochtones.

Chemical Valley, à Sarnia, en Ontario

Chemical Valley abrite près de la moitié des usines pétrochimiques du Canada. Sur un territoire de 35 km2 à Sarnia, 60 usines chimiques et raffineries de pétrole fonctionnent 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Chaque année, on constate en moyenne 100 déversements et près de 10 tonnes de matière polluante sont répandues dans la rivière St. Clair. 

Nichée au cœur de cet énorme anneau de production chimique, entourée d’installations industrielles, se trouve Aamjiwnaang, une réserve des Premières Nations Chippewas datant de plus de 300 ans. La communauté figure parmi les plus toxiques en Amérique du Nord, mais ni le gouvernement local ni le fédéral n’ont lancé d’étude pour enquêter sur les effets de ces industries sur la santé des résidents, qui aspirent les émissions de Chemical Valley chaque fois qu’ils mettent le pied dehors.

Que puis-je faire? 

L’injustice environnementale est un problème majeur et complexe, mais il y a des gestes à poser pour y remédier. 

1. Informez-vous et sensibilisez les autres!

2. Joignez l’acte à la parole!

Faites des dons à des organismes qui luttent contre le racisme environnemental ou sensibilisent les gens à la cause afin d’encourager le mouvement! En voici quelques-uns :

  • Musée d’Africville : le musée célèbre l’esprit d’Africville et raconte l’histoire de la survie d’une communauté.
  • EcoJustice : EcoJustice utilise le pouvoir de la loi pour défendre la nature, lutter contre les changements climatiques et revendiquer un environnement sain pour tous.
  • Les ami(e)s de la Terre : cet organisme agit pour confronter les pollueurs, tenir les gouvernements responsables de leurs promesses et insister pour le respect des lois.

Ce mouvement s’intensifie depuis le meurtre de George Floyd. Contribuons à son essor : attaquons-nous à TOUS les systèmes qui nuisent de façon disproportionnée aux personnes de couleur dans nos communautés. À cette époque d’action pour le climat, nous devons miser sur l’inclusion et l’action proactive pour lutter contre le racisme environnemental et soulager la souffrance infligée aux communautés de couleur depuis des centaines d’années.

Par Jane Burchill and Sue Tran